Réveil nocturne

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Réveil nocturne

Message par Cirnid le Jeu 17 Nov - 1:12

La nuit. Pas une once de vie ne semblait exister à cette heure là, aux abords de la Seine, à part quelques jeunes couples et des ivrognes occasionnels. C'est souvent vers ce moment de la nuit  qu'il sortait prendre l'air et se préparer pour son travail, afin que personne ne soit témoin de son réveil, s'il était vers l'aube. Et cette nuit ne faisait pas exception.
L'eau de la rivière commença à s'agiter. Une forme ne tarda pas à en sortir et à se lever sur le bord du fleuve. Cette forme semblait n'être qu'un humain normal, à deux détails près: il dort dans un fleuve et l'eau, n'ayant normalement pas eu le temps de sécher, donnait pourtant l'impression de partir d'elle-même afin de retrouver sa rivière.
Il s'allongea sur le sol pendant une dizaine de minutes afin de contempler le ciel étoilé que lui offrait la nuit ainsi que pour profiter de l'air froid perçant nocturne et de la sensation de réconfort qu'il en retirait. Il fut cependant arrêté dans sa méditation par le bruit de personnes qui marchaient dans une rue voisine. Deux hommes, plus précisément, à en croire le bruit de leurs chaussures frappant le sol à intervalles réguliers. Il ne parvenait cependant pas à entendre leur conversation. Par précaution, il se releva avant de se coller à un bâtiment de sorte à ce que ces personne ne le voient pas si elles en venaient à entrer dans la rue où il se trouvait, tout en gelant de l'eau près de lui afin d'avoir de quoi se défendre si la situation dégénérait. Ils vinrent effectivement. Ils étaient maintenant assez près pour que le marginal puisse les entendre distinctement.
" - On y est, c'est ici que je l'ai vu, hier soir!
 - Ton "cadavre au fond de l'eau", hein? Allez, on va vérifier si ça te fait plaisir, mais c'est des conneries, j'te dis, quelqu'un l'aurait forcément vu bien avant. Et quand on aura la preuve qu'il n'y a rien, promets-moi d'arrêter avec ces histoires surréalistes.
 - Alors là, tu peux toujours rêver! Je l'ai parfaitement vu quand je suis tombé de ma barque, et il semblait encore en bon état, il devait pas être là depuis longtemps."

"Bordel! pensa le marginal. Ce débile m'a vu quand je dormais, ça sent pas bon... Je devrais partir dès que possible, mais peu importe d'où je pars, ils vont me repérer à coup sûr. A moins que je les... non. Je dois faire tout mon possible pour ne plus avoir à faire ça. Seulement en cas d’extrême nécessité. Mais s'il voit que..."

" - Merde, il a disparu! Faut faire quelque chose, il a pas pu aller bien loin, aide moi à le retrouver, Jacques!
 - Tu vois, je te disais bien que t'avais eu la berlue, mais môssier ne voulait pas m'écouter, môssieur me demande de me lever en pleine nuit alors qu'il sait que je supporte pas le froid. On aurait pu venir en journée, quand même.
 - Et ce même "môssieur", comme tu dis, va profiter du fait que tu sois déjà ici pour m'aider à le retrouver. En journée, on serait passés pour des débiles devant tous les passants.
 - Non. Je suis fatigué et tu vois bien qu'il n'y a finalement rien. Alors s'il te plaît, dépêche toi de rentrer, tu sais pas te repérer seul et je dois retourner chez moi au plus vite, mon gosse est malade en ce moment, tu le sais bien.
 - Hum... Oui, c'est peu probable qu'il soit encore là. Mais je persiste à dire qu'il y avait quelque chose de bizarre dans l'eau, tout près de nous! Et il a disparu, il pourrait être n'importe où, comme une araignée qui disparaît de notre champ de vision et qui n'en est que plus effrayante!
 - Oui, je vois, pas la peine de me faire un discours. Dépêchons nous, je vais m'endormir sur place sinon."

Les hommes repartirent peu après. Le marginal souffla enfin, avant de faire retourner à l'état liquide le pic de glace de 50 centimètres qu'il avait dans la main. Cette fois, la catastrophe avait été évitée, mais il devrais trouver un autre endroit où se reposer, au cas où le curieux revienne. Il décida de ne plus y penser et commença à marcher dans la ville.
Plus tard, il entendit de nouveau des personnes: un homme et une femme, cette fois. La conversation semblait froide au premier abord, mais un rire tonitruant finit par se faire entendre. Cependant, le marginal n'y prêta pas plus d'attention et choisit de les contourner sans avoir à les rencontrer.

"De mieux en mieux... se dit le marginal. En plus de me faire changer d'itinéraire, ils sont obligés de faire un boucan pas possible."
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